Après le sexe des anges, est-il raisonnable de discuter du sexe du vin ?

Le vin a t-il un sexe ?

Plusieurs fois par an la question du sexe du vin revient tel un sujet sur les soldes d’été ou d’hiver au journal télévisé ! Cette fois-ci c’est Eve Dumas qui s’y colle dans son article sur Cyberpresse.ca :

« Prenez le vigneron bourguignon Olivier Guyot, un homme on ne peut plus viril. Lors d’un récent souper au restaurant Lawrence, il n’y a même pas pensé deux fois avant de déclarer: «Voyez, ce Chambolle, il est très féminin.» Et d’ajouter, comme pour brouiller les cartes. «Ma femme préfère de loin le Gevrey, plus costaud.» Ces deux vins, faits par le même homme, avec le même cépage (pinot noir), du même millésime (2008), en utilisant exactement la même méthode de vinification, ne sont pas du même «sexe» ! Question de terroir, finalement. Et le terroir, lui, a-t-il un sexe? »

Couillu…mais  correct !

Déjà au mois d’octobre Jean-Yves Nau avait abordé le sujet sur Slate.fr en s’interrogeant sur le terme de couillu dans le vin et sur la virilité supposée d’un vin de Bourgogne encore une fois :

« Mais remontons un instant vers la Bourgogne, ses exquises dentelles et profondeurs de pinot noir. Tout le monde sait que voisinent ici sur les deux Côtes, les vins de Pommard et ceux de Chambolle-Musigny (et tout particulièrement ceux du climat inégalé des «Amoureuses»); soit deux expressions renvoyant à nos deux genres, le Pommard (Côte de Beaune) étant l’un des plus beaux archétypes de la virilité bourguignonne. Ce qui n’empêchait pas un certain Claude Bonvin d’affirmer en 1948 (dans son Un art en France, le Savoir-Boire Marseille et Paris. Editions La Tartane) que les vins de la Côte de Nuits «ont quelque chose de viril et de robuste». «Ils ont du nerf et de l’éclat, ajoutait-il. Ils sont ardents, chaleureux, puissants, et leur saveur s’impose avec une autorité souveraine.» Comment mieux définir la virilité qui, comme nous le savons tous, ne saurait pas ne pas être robuste ? »

Une mixité enrichissante…

Mais on pourrait peut-être bien trouver la réponse dans le mémoire « Les femmes et le vin » rédigé par Fanny Lorcerie (d’origine bourguignonne) trouvé sur le site des Femmes et Vins de Bourgogne :

« Au cours de l’histoire, la femme a nourri avec le vin une relation passionnelle et mouvante. De nos jours, elle est actrice incontournable et indiscutable dans ce milieu. Sans s’enfermer dans un féminisme sectaire, néfaste à cet univers basé sur l’échange et la convivialité, la mixité dans un domaine faisant appel au sensitif est forcément enrichissante. Le vin de genre masculin est représenté comme un être féminin (robe,cuisse..), sa consommation est décrite de façon sensuelle. L’analogie se retrouve même dans sa production, ainsi, Bruno Clavelier, vigneron, aime à dire que son métier s’apparente à celui d’une sage-femme qui suit attentivement et avec bienveillance la gestation jusqu’à l’accouchement au bout de neuf mois, d’un nouveau millésime ! »

A lire pour se faire son opinion:

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